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Ecole, refondation ou continuité ?

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Quelques jours après la publication de son projet de loi d'orientation pour l'éducation, Vincent Peillon s’emploie à mettre en valeur le contenu de sa « refondation » de l’Ecole, par une initiative publique autour de la question des « nouvelles technologies ». Après le long feuilleton des «rythmes scolaires» dont le résultat pourrait bien être d’aggraver les disparités territoriales et de briser le cadre républicain, après ses déclarations sur la «morale laïque » qui ne se sont guère attardées sur les conditions d’une véritable émancipation individuelle et collective, voici donc la dernière façon dont le Ministre entend occuper le terrain médiatique.

C’est que le projet de loi lui-même est bien mal fait pour emporter l’enthousiasme. Bien sûr, la FCPE 06 approuve la réouverture des perspectives en matière de création de postes, de scolarisation précoce et d’annonce de la remise en chantier de la formation des enseignants.

Mais qu’en est-il des objectifs que se donne le pays pour préparer à une société où l’humain primerait sur la finance ?

Quels savoirs transmettre aux futurs citoyens et aux futurs travailleurs, de la maternelle aux lycées ?

Peut-on se contenter d'en rester à une scolarité obligatoire à 16 ans qui remonte a 1959 et ignorer le besoin de la porter à 18 ans et d'assurer à tous une qualification reconnue ?

Comment faire pour que tous les élèves maîtrisent les apprentissages premiers en lecture et en mathématiques, condition essentielle pour une scolarité réussie ?

Comment assurer une véritable égalité des conditions d’enseignement sur l’ensemble du territoire ?

Comment défendre le service public face aux ravages de l’enseignement privé en France ?

De tout cela, pas un mot, ou presque. Le projet s’inscrit d’emblée dans l’idéologie de l’égalité des chances. L’individualisation y reste la règle dont on sait qu’elle profite toujours aux mêmes !

La première exigence portée par la FCPE 06 pour une véritable transformation de l’école est au contraire la reconnaissance de la capacité de tous à réussir si l’institution en donne les moyens.

Accoler le terme de culture au socle de connaissance et de compétences n’est qu’un pis-aller qui vise à tenter l’impossible synthèse entre un programme néolibéral et l’aspiration à un haut niveau de culture pour tous qu’imposent les évolutions sociales, économiques et culturelles de notre époque.

Il est temps de promouvoir un tout autre projet de loi !

E. RAGOT, Présidente FCPE 06