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Actualité - congrès départemental mars 2006 - Rapport d’activités – Congrès Départemental CDPE 06

 

Rapport d’activités – Congrès Départemental CDPE 06

Samedi 25 mars 2006 - Carros

 

8. Déclarations

 

Déclaration commune de la Fédération nationale :

 

Banlieues : les vraies urgences

 

On ne répond pas à une crise sociale par un régime d’exception. La responsabilité fondamentale de cette crise pèse, en effet, sur les gouvernements qui n’ont pas su ou voulu combattre efficacement les inégalités et discriminations qui se cumulent dans les quartiers de relégation sociale, emprisonnant leurs habitants dans des logiques de ghettoïsation. Elle pèse aussi sur ces gouvernements qui ont mené et sans cesse aggravé des politiques sécuritaires stigmatisant ces mêmes populations comme de nouvelles « classes dangereuses », tout particulièrement en ce qui concerne la jeunesse des « quartiers ».

 

Ce sont des années de politique centrée sur le tout sécuritaire qui sont en cause. Le sabotage des actions de prévention, l’asphyxie du monde associatif, la démolition de la police de proximité, la tolérance à l’égard des discriminations quotidiennes, notamment à l’égard des personnes étrangères ou supposées telles en raison de leur faciès, l’état d’une école qui ne peut réduire la ségrégation nous font mesurer aujourd’hui non seulement l’échec mais la redoutable nocivité de cette politique. Ce n’est pas seulement le langage du ministre de l’Intérieur, ce sont les actes de l’ensemble du gouvernement qui relèvent d’une logique d’apprenti sorcier.

 

Au-delà, c’est aussi l’incapacité des gouvernements successifs depuis des décennies à faire reculer le chômage massif, l’explosion de la précarité, la systématisation des discriminations racistes et territoriales, comme la politique d’affaiblissement des services publics et le recul des droits sociaux qui apparaissent en pleine lumière aujourd’hui.

 

Les violences sont autodestructrices. Elles nuisent essentiellement à ceux dont elles dénoncent l’exclusion. Faire cesser les violences, qui pèsent sur des populations qui aspirent légitimement au calme, est évidemment nécessaire. Dans ce contexte, l’action des forces de l’ordre, qui doit s’inscrire dans un cadre strictement légal et ne pas conduire à des surenchères, ne saurait être la seule réponse. D’ores et déjà, nous devons ouvrir un autre chemin si nous ne voulons pas que se poursuivent ou se renouvellent les violences qui viennent de se produire. Seule une action collective permettra de définir les conditions d’une autre politique.

 

En premier lieu, nous n’acceptons pas que se poursuive l’état d’urgence. Recourir à un texte provenant de la guerre d’Algérie à l’égard, souvent, de Français descendants d’immigrés, c’est leur dire qu’ils ne sont toujours pas français. User de la symbolique de l’état d’urgence, c’est réduire des dizaines de milliers de personnes à la catégorie d’ennemis intérieurs. Au-delà, c’est faire peser sur la France toute entière et sur chacun de ses habitants, notamment les étrangers que le gouvernement désigne déjà comme des boucs émissaires, le risque d’atteintes graves aux libertés.

Nous affirmons solennellement que si ce régime d’exception devait être prolongé, nous mettrions en œuvre tous les moyens démocratiques dont nous disposons pour nous y opposer.

 

Nous souhaitons ouvrir une autre perspective que celle qui a conduit à l’impasse actuelle. Cela passe par la mise à l’ordre du jour de quatre exigences fondamentales : la vérité, la justice, l’égalité et le respect.

 

Ni le recours à des procédures judiciaires expéditives, voire à une « justice d’abattage », ni le marquage de zones discriminées par une carte de l’état d’urgence ne sont conciliables avec l’objectif du rétablissement de la paix civile et du dialogue démocratique.

 

La République doit reconnaître, publiquement et par ses plus hautes autorités, que le sort de ces populations, les discriminations qu’elles subissent, sont de notre responsabilité collective et constituent une violation de l’égalité républicaine.

 

Cette exigence implique aussi que la vérité soit totalement faite sur les conditions dans lesquelles deux jeunes hommes sont morts à Clichy-Sous-Bois.

Restaurer la situation dans ces quartiers, c’est d’abord restituer la parole à leurs habitants. Des cahiers de doléance doivent être discutés, ville par ville, selon les principes de la démocratie participative entre représentants des habitants, associations, syndicats, élus locaux et représentants de l’Etat. Ils doivent être rendus publics.

 

C’est ensuite ouvrir une négociation collective, regroupant les mêmes participants, pour programmer des actions de rétablissement de l’égalité ce qui implique que la représentation nationale soit saisie d’une véritable loi de programmation et que cessent les mesures de saupoudrage ou pire encore les marques de mépris comme la transformation de l’apprentissage en mesure de relégation scolaire précoce. Une solidarité nationale authentique doit être au rendez-vous de la reconstruction du tissu social dans les banlieues.

 

C’est, surtout, mettre en œuvre, dans la réalité, une réelle politique nationale de lutte contre les discriminations et pour l’égalité des droits. Il doit être mis un terme sans délai à tous les discours insupportables et dévalorisants qui font des habitants de ces quartiers, des « racailles », des « barbares », des « sauvageons » ou des « fantassins d’un complot intégriste ».

Nous affirmons qu’il y a là une véritable urgence nationale : il faut substituer à l’état d’urgence policier un état d’urgence sociale, afin que les actes des gouvernants cessent de contredire la devise de la République.

 

 

Signataires :

Les Alternatifs, Alternative citoyenne, Association des Tunisiens en France, Association des citoyens originaires de Turquie (ACORT), ATTAC, ATMF, Cactus républicain/La gauche, CEDETIM-IPAM, CGT, Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l'Homme en Tunisie (CRLDHT), Droit Solidarité, Fac Verte, FCPE, Fédération anarchiste, FIDH, FSU, FTCR, GISTI, Les Oranges, Les Verts, LDH, Lutte ouvrière (LO), Mouvement pour une alternative républicaine et sociale (MARS), Mouvement des jeunes socialistes (MJS), Mouvement National des Chômeurs et des Précaires (MNCP), MRAP, PCF, Rassemblement des associations citoyennes de Turquie (RACORT), Réseaux citoyens de Saint-Etienne, Réformistes et Solidaires (Re-So), Syndicat des Avocats de France, Syndicat de la Magistrature, Union démocratique bretonne (UDB), UNEF, Union nationale lycéenne (UNL), UNSA, Union Syndicale Solidaires.

 

La LCR se joint à la démarche de ce texte, mais est en désaccord avec son quatrième paragraphe.

 

 

Déclaration du CDPE 06 en CDEN d’octobre 2005

Apprentissage précoce : mesure rétrograde

 

 

Les parents d’élèves FCPE s’inquiètent du projet gouvernemental relatif à « l’apprentissage dès 14 ans », en ce qu’il constitue une véritable régression éducative et sociale.

 

Il s’agit d’un recul de 50 ans ; il y a cinquante ans, le ministre de l’Education Nationale proposait de porter la scolarité obligatoire à 16 ans. Quatre ans plus tard, l’ordonnance du 6 janvier 1959, prolongeait de deux ans la scolarité obligatoire, qui passait de 14 à 16 ans, pour les enfants nés à partir du 1er janvier 1953.

 

La seule urgence justifiée est que l’école bénéficie de la volonté et des moyens d’avancer.

 

La question d’une sortie, voire d’une éviction précoce du système scolaire ne peut être traitée avec précipitation, sous couvert d’une solution apportée à l’agitation qui règne dans nos banlieues. Cette situation de crise ne peut trouver d’issue dans la politique d’abandon et de mépris qu’on lui oppose et risque d’entraîner des tensions sociales encore plus graves.

 

Ce que nous défendons et qui doit servir de fil directeur à toute solution éducative et pédagogique pour les élèves en grande difficulté au collège, ou déscolarisés est que : l’éducation est la clé de la réussite scolaire, de l’accès au monde du travail, de l’intégration sociale, de la citoyenneté.

 

Personne, ni l’enfant, ni les parents, ni les enseignants, ni même les employeurs ne demandent moins d’éducation ; c’est un mieux d’éducation qui est toujours visé !

 

L’urgence est de réfléchir, d’un point de vue pédagogique tout autant que citoyen, à la manière dont notre école peut apporter à tous les enfants : la culture générale la plus complète possible, permettant un accès élargi à des connaissances et des compétence, et favorisant l’ouverture d’esprit et la réflexion critique.

 

Ce n’est pas l’apprentissage qui est méprisé par les parents d’élèves, ni le système de formation en alternance ; ce que les parents ne peuvent pas accepter c’est que l’apprentissage soit ainsi accolé à l’échec scolaire et serve d’alibi politique et réactionnaire.

 

L’apprentissage, formation qui peut donner les clés d’une réussite scolaire et professionnelle, doit s’appuyer sur le socle solide d’une formation générale acquise en commun, sous statut scolaire, faisant l’objet d’un suivi et d’une évaluation en apportant de véritables garanties de qualification, de promotion sociale et professionnelle. Il est absolument faux d’avancer qu’un élève sorti du système scolaire pourra, comme les autres élèves, accéder à un socle culturel général.

 

Ce n’est pas en « lâchant » des enfants dès l’âge de 14 ans que l’école remplira sa mission éducative et culturelle et sa juste ambition de faire accéder les enfants à la citoyenneté.

 

Que les ministres innovent en proposant des mesures visant à faire accéder le plus d’enfants au plus de formation initiale et approfondie.

L’école doit connaître une évolution obligatoire afin d’accueillir tous les élèves et leur garantir, selon le principe d’égalité des chances, un enseignement de qualité.

 

Les enfants, les jeunes ne se désintéressent pas de ce qui les cultive, les forme et les « grandit » ; ils dénoncent un système inégalitaire qui ne permet pas à tous les enfants, c'est-à-dire aussi qui ne permet qu’à certains, de se cultiver, de se former et de grandir.

Le plus d’éducation et le mieux d’éducation sont l’alternative à la discrimination scolaire et sociale.

 

 

 

CDEN du 7 février 2006

Déclaration préliminaire

(CDPE 06 - 6 rue de France 06000 Nice)

Etre parent d’élèves, c’est réaffirmer notre attachement à un service public de qualité, c’est soutenir pour tous les enfants le droit à l’école, c’est dénoncer des restrictions budgétaires qui mettent en péril la mission de l’école de la république.

 

La baisse prévisionnelle du nombre d’élèves, pour la rentrée 2006, dans notre académie, ne justifie pas les restrictions du budget de l’éducation : la dotation de 0 poste pour notre académie, c’est-à-dire de nombreux postes en moins pour le département des Alpes Maritimes et pour la première fois des postes « rendus », afin de doter un autre département, est inquiétante.

 

Elle ne doit pas nous faire accepter que des postes d’enseignants soient supprimés, que des classes soient fermées, que la Dotation Globale Horaire soit réduite, que les secteurs prioritaires soient redéfinis.

 

Notre académie accueillera quelques élèves en moins, qu’elle s’attache à renforcer les acquis, à améliorer le quotidien des enfants et des enseignants, à accompagner ceux qui sont en rupture d’école, à soutenir la politique de l’éducation prioritaire, à mettre en œuvre un véritable projet éducatif.

 

La qualité de l’enseignement est mise à mal par la soumission de la mission éducative aux seuls impératifs économiques. Il ne devrait aucunement être question de s’alarmer de l’importance du budget de l’éducation et de s’attacher à le réduire, mais bien de prendre conscience que l’avenir d’une société se bâtit sur l’éducation de la jeunesse.

 

La grandeur de la mission éducative doit être la priorité. L’accès à la connaissance, le développement des compétences et l’ouverture à l’esprit critique forment l’adulte et le citoyen de demain.

 

Sans emphase, c’est pourtant ce type de discours qui doit être opposé aux maigres propositions du projet Collège Ambition Réussite, aux alarmantes mesures de l’apprentissage précoce, aux questions que soulève la mise en place de la 3ème découverte professionnelle, à la ridicule ponction d’une demi heure de cours dans les classes de 5ème et de 4ème en vue de les redistribuer, à l’oubli de l’importance de la scolarisation précoce des enfants issus de populations dites défavorisées.

 

La lutte contre l’échec scolaire et pour l’égalité des chances ne peut en aucun cas passer par le mépris des revendications de notre jeunesse, par l’imposition d’une politique sécuritaire, par la lente asphyxie du service public de l’éducation.

 

Nos jeunes descendent aujourd’hui dans la rue, c’est aussi pour s’insurger contre ce type de discours.

 

 

Mise en ligne le 08/04/06 par