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Actualité - congrès départemental mars 2006 - Rapport d’activités – Congrès Départemental CDPE 06

 

Rapport d’activités – Congrès Départemental CDPE 06

Samedi 25 mars 2006 - Carros

 

5. Actions dans le 2° degré

 

COLLÈGE

Le plan collège du Conseil Général proposé en CDEN a été voté en 2005 par les parents d’élèves ainsi que par l’ensemble des membres présents :

 

ce plan consiste à réhabiliter 18 collèges, construire 15 collèges dont 7 reconstructions, 8 extensions restructuration, à doter 54 collèges sur 69 d‘équipements sportifs, et tous auront un effectif de 700 maximum y compris ceux qui sont à plus de 700 aujourd’hui.

Tout cela entre 2004 et 2010 voir 2015.

 

La FCPE se réjouit d’une telle proposition et veillera à ce que ces promesses soient tenues. Le plan est ambitieux mais sans professeur supplémentaire, sans personnel supplémentaire et avec des budgets de l’éducation nationale en baisse constante chaque année, le pari nous semble peu réalisable en l’état.

 

La FCPE s’interroge sur le devenir d’un tel plan dans le cadre des restrictions budgétaires de l’Etat.

Les élus départementaux commencent à se poser la question.

Faut-il engager un tel plan si les établissements ne disposent pas des personnels pour le faire fonctionner ? Le discours paraît curieux lorsque l’on sait que ce sont souvent les mêmes qui votent à l’Assemblée Nationale ou au Sénat les crédits de l’Education Nationale.

 

Ainsi, en minorant systématiquement les effectifs à venir dans les établissements du second degré, l’administration retire des moyens aux établissements existants, aggravant la situation d’accueil de nos enfants. Une telle politique permet l’ouverture d’établissements supplémentaires en fonctionnant à flux tendus.

 

 

1. Apprentissage à 14 ans

Les députés ont approuvé la mise en place d’un système d’apprentissage à partir de 14 ans prévu dans le projet de loi sur l’égalité des chances. La formation d’apprentis juniors comprendra 2 phases : l’apprentissage junior initial avec initiation aux métiers à partir de 14 ans et l’acquisition d’un socle commun de connaissances durant la 1ère année ; l’apprentissage junior confirmé avec un contrat d’apprentissage à partir de 15 ans. Le texte prévoit que les apprentis pourront interrompre leur formation et réintégrer le collège. Un tutorat chargé du suivi de l’élève en apprentissage a été instauré. En adoptant un tel dispositif, la France renonce à l’obligation scolaire à 16 ans. Le gouvernement renforce ainsi la discrimination scolaire.

 

Les chiffres de l’apprentissage junior : la durée sera de 1 à 3 ans ; la rémunération du jeune ne pourra être inférieure à 50% du SMIC et sera exonérée d’impôt ; les entreprises embauchant des apprentis bénéficieront de 1600€ de crédit d’impôt.

 

Apprentissage à 14 ans : bon débarras !

 

Alors que les jeunes ont besoin, pour s’insérer socialement et professionnellement, de plus d’école, mais surtout de mieux d’école, le gouvernement rétablit l’apprentissage à 14 ans. Il revient 30 ans en arrière, lorsque la fin de la scolarité obligatoire était fixée à 14 ans !

 

Jamais encore on n’est parvenu à un tel niveau dans l’aveuglement et dans l’impuissance, alors qu’il faudrait changer profondément l’école pour permettre à tous d’y trouver le chemin de la réussite, alors qu’il faudrait mobiliser toute l’institution scolaire pour raccrocher les nombreux jeunes qui l’ont quittée par découragement ou par écoeurement.

A cela, le gouvernement ne trouve comme seul remède – très économique au demeurant- que de conforter une école élitiste, réservée aux seuls « héritiers » et à quelques boursiers méritants qui lui serviront d’alibi démocratique. Est-ce la seule conclusion que le Premier ministre ait tiré de sa rencontre avec les enseignants des banlieues ?

A ceux qui ne peuvent se couler dans le moule, le gouvernement répond : puisque vous n’êtes pas capables, puisque l’Ecole vous ennuie, puisque vous ne savez pas vous soumettre au modèle culturel dominant, alors, dehors ! Au travail !

 

Avec quelle formation ? Pour quel avenir professionnel ?

 

Le gouvernement n’en a cure. Dépassé par les événements, il s’affole, pare au plus pressé, veut rassurer en ressortant ses vieux oripeaux idéologiques.

Décidément, ce gouvernement n’a rien compris ou ne veut pas comprendre : à une très grande majorité de la jeunesse qui demande plus d’aide, plus de considération, plus d’éducation, il oppose une politique de l’abandon et du mépris qui porte les germes de tensions sociales futures encore plus graves.

 

Comment, dans ces conditions, ne pas craindre le pire ?

 

2. La note de Vie scolaire

Le principe était déjà inscrit dans la loi Fillon, loi d’orientation et de programme pour l’avenir de l’Ecole.

 

On le trouve simplement mentionné à l’article 32, consacré au diplôme national du brevet, sans autre commentaire : le diplôme national du brevet «…comprend une note de vie scolaire…».

 

Le ministre Robien applique la loi : la note de vie scolaire sera instaurée dès la rentrée 2006, « elle doit faire partie du comportement attendu au titre du socle », et sera donc prise en compte dans l’évaluation du brevet des collèges.

 

Un texte réglementaire, qui devrait être diffusé au printemps, en précisera les dispositions Mais, d’après les informations en notre possession, cette note serait attribuée chaque trimestre à tous les élèves du collège de la 6° à la 3°, sur la base d’une concertation préalable entre le professeur principal, le conseiller principal d’éducation et le chef d’établissement.

 

Lors de la séance de questions au gouvernement (Assemblée nationale), du 18 janvier 2006, le ministre de l’Education nationale a fait les commentaires suivants : « le socle commun est constitué de connaissances et de compétences. Parmi les compétences se trouve celle relative aux acquis de la citoyenneté : respect des autres, respect du règlement, respect des valeurs de l’Ecole. Même si la famille est porteuse de valeurs, l’Ecole doit aussi, de son côté, récompenser les bonnes attitudes, telles que le respect et les engagements de l’élève, que ces derniers s’exercent au sein de l’établissement ou dans un cadre périscolaire : aide aux personnes âgées ou handicapées, vie associative, etc. La note de vie scolaire doit aussi sanctionner les incivilités : même si elle ne peut régler toutes les situations de violence, elle constituera un repère utile pour l’élève ».

 

Quand on sait combien la notation chiffrée est un instrument d’évaluation très imparfait, y compris lorsqu’elle doit mesurer des résultats apparemment objectifs comme en mathématiques par exemple, on imagine sans peine les difficultés prévisibles et l’arbitraire qui en résultera lorsqu’il s’agira de noter la «vie scolaire» de l’élève, qui prend tant d’aspects différents :

  • comment arrivera-t-on à apprécier par une seule note des domaines aussi divers que l’assiduité, le respect des personnes, du matériel, l’engagement au sein et en dehors de l’établissement, voire, comme c’est envisagé, la prise en compte de l’attestation de sécurité routière ? Pourquoi pas les cours de secourisme ?
  • selon quels critères objectifs sera établie la grille de notation, pour justifier une augmentation où une baisse de cette note ?
  • au nom de quoi l’équipe pédagogique sera-t-elle compétente pour intégrer les éléments relatifs à l’engagement de l’élève hors de l’établissement scolaire ?
  • comment résoudre les conditions d’inégalité des élèves, entre ceux qui auront le temps, ou les moyens, ou les capacités de s’engager, et les autres ?
  • comment sera évalué l’engagement d’un élève qui serait amené à s’opposer à l’administration ? Comment s’assurer d’un traitement égal dans tous les établissements ?
  • comment échapper au risque d’une double sanction, celle infligée par le chef d’établissement ou le conseil de discipline, et les conséquences de cette sanction dans la note de vie scolaire ?
  • comment distinguera-t-on un élève insolent d’un élève utilisant des termes dont il n’a pas conscience qu’ils peuvent blesser (l’inverse, de professeur à élève, pouvant aussi exister) ?
  • comment éliminer la marge de subjectivité qui existe dans la façon dont chacun reçoit les paroles, les mimiques ou les gestes de l’autre ?

Ces quelques interrogations montrent que l’on s’engage résolument dans le règne de l’arbitraire qui risque de provoquer une succession de conflits entre élèves, professeurs, …et parents.

La note de vie scolaire ne sera qu’une éphémère solution de facilité, « Si tu ne te tiens pas tranquille, je te baisserai ta note de vie scolaire », qui risque de déraper en situations de marchandage et de négociation malsaines, où il s’agira pour l’élève de faire des promesses de bonne tenue…pour rattraper des points !

 

Cette conception utilitariste, infantilisante et méprisante de la mission éducative de l’Ecole est aux antipodes de la nôtre. La mission de l’Ecole, ce n’est pas de noter le degré de civilité de tel ou tel élève, c’est d’avoir pour chacun la même ambition d’accès à l’état de citoyen responsable et agissant. Cette mission doit s’accomplir dans la durée, et au travers de toutes les activités de l’établissement. Des dispositions existent et sont peu pratiquées : l’heure de vie de classe, l’éducation civique, juridique et sociale.

 

Des modes de travail, qui permettaient l’exercice effectif de l’entraide, de la coopération, du dialogue structuré et réfléchi ont été supprimés ou largement négligés : les TPE en classe terminale ou les IDD au collège. Lorsque l’élève commet une faute ou une infraction au règlement de l’établissement, il doit être justement sanctionné : la sanction doit être proportionnelle à la faute commise, elle doit être justifiée, acceptée, et réparatrice. Et, bien entendu, le règlement intérieur doit être respecté par tous, adultes y compris : l’équipe pédagogique, qui prétend promouvoir et faire respecter un comportement civique, doit être irréprochable en la matière.

 

 

Mise en ligne le 08/04/06 par